Le service aux salariés, le credo de Sarah Ouattara

Une entreprise fondée par une jeune femme pour les besoins de son territoire. C’est la toute nouvelle conciergerie d’entreprises Samara, inspirée d’un modèle importé des États-Unis dans les années 2000.

ML Sarah Ouattara OK-Z

En septembre 2015, s’ouvrait en lisière d’Aubervilliers et de Saint-Denis le premier espace de coworking à Plaine Commune. Plaine Coworking, c’est son nom, héberge aujourd’hui sur 600 m2 28 personnes. Soit 16 entreprises dont Samara, la conciergerie d’entreprises fondée par Sarah Ouattara. Depuis le 1er avril, date de son lancement sur l’orbite de l’économie de services, la jeune femme y dispose d’un bureau pour travailler avec son réseau de prestataires et une clientèle d’entreprises aux besoins multiples. En témoigne son offre présentée dans la brochure dont elle s’est dotée depuis peu. Livraison de repas, entretien du linge et réparation de véhicule – vélo compris – démarches administratives, séance de massage… « Et bien d’autres encore ! », est-il noté au bas de la liste à l’adresse des patrons et directeurs de ressources humaines, auxquels est proposé un abonnement pour ces services aux salariés.

Née au États-Unis dans les années 90, et apparue en France dans les années 2000, la conciergerie d’entreprises « est un concept que j’ai découvert après avoir validé un master en management public et gestion des collectivités locales», raconte Sarah, qui diplôme oblige n’allait pas moins intégrer l’administration publique territoriale. Elle franchit le pas six ans plus tard avec une formation à la création d’entreprise de cinq semaines, proposée par le programme CréaJeunes de l’Adie. Puis c’est la phase test pendant un an, au sein d’Astrolabe Conseil, Couveuse d’entreprises du Grand Paris. « Cette période m’a été nécessaire. J’avais besoin d’être rassurée. Maintenant je suis très sereine, affirme-t-elle. L’essai est concluant.»

La conciergerie Samara a aujourd’hui pour clients la Pépinière d’entreprises de La Courneuve et l’association Plaine Coworking, qui l’héberge. Autrement dit, des jeunes pousses économiques. Les travailleurs indépendants qui forment son réseau de prestataires « sont tous issus du territoire. Le but, c’est de faire vivre un éco-système ». Parmi les plus réguliers, la Dionysienne Amélie Fouquet a monté en mars dernier Lemon Pie, une entreprise de traiteur accompagnée par Plaine de Saveurs, l’incubateur culinaire à La Courneuve. « C’est une cuisine locale à forte tendance végétarienne, et qu’on adapte en fonction des thématiques demandées par le client, explique Amélie. Avec Sarah, poursuit-elle, on se met d’accord sur les menus une semaine avant. Pour le moment, ce sont des commandes qui portent sur 10 à 15 repas. » Des volumes modestes donc. Mais à la différence de sa clientèle ordinaire d’associations, TPE ou particuliers, « là je ne m’occupe pas du commercial. Je n’ai pas de perte, je peux mieux m’organiser ».

Amélie fait partie, comme le dit Sarah Ouattara, du « premier cercle » de ses prestataires qui sont une cinquantaine. « Ce sont des personnes qui sont en phase avec les exigences environnementales. L’idée est aussi de recruter les plus éloignées de l’emploi.» La fondatrice de Samara mentionne les PLIE (Plan local pour l’insertion et l’emploi) et Missions locales auxquels elle soumet les profils et compétences recherchés. Plus ses contacts avec l’ESAT de Montreuil, avec La Repasserie, chantier d’insertion à Blanc-Mesnil… « Samara est une conciergerie d’entreprises responsable et solidaire.» C’est avec l’ancrage local l’un de ses premiers arguments commerciaux face aux concurrents qui ont pris leurs marques ces dernières années sur ce marché. Les uns avec les conciergeries sur site des grosses entreprises, les autres en conciergeries mutualisées à l’usage des PME et TPE. C’est donc ce modèle qu’expérimente Sarah avec des tarifs conformes à ceux du marché. « De 5 à 15 euros par mois et par salarié », incluant animations en entreprises, accueil téléphonique et plateforme Internet. À cet abonnement acquitté par l’employeur, s’ajoute le coût des prestations à la charge des salariés. Ostéopathie, massage, shiatsu, esthétique… « Le bien-être, ce sont les prestations qu’ils demandent le plus. »

Source : http://www.lejsd.com/content/le-service-aux-salari%C3%A9s-le-credo-de-sarah-ouattara